D’un Monde à L’ Autre

Le matin était froid, même pour la saison, même dans cette région réputée pour ses hivers rudes. La neige avait tut tout bruit alentours alors que femmes et hommes s’affairaient dans les fermes à quelques kilomètres de là. Des traces dans la neige révélaient une horde de sangliers recherchant de la nourriture dans l’épais manteau blanc. Tout était si calme, vivant paisiblement et personne n’était préparée à l’arrivée de cet homme qui allait sortir de la neige, aussi boueux que le manteau était blanc. Ce malheureux étant tremblant de froid et de peur, sa barbe et sa moustache naissante le rendait plus vieux, mais il ne devait pas avoir plus de vingt cinq ans. Il restait muet malgré un râle très prononcé à chaque inspiration et son oreille droite semblait mal en point, du sang séché dénonçant un moment douloureux. Il se servait de son fusil comme d’une canne pour l’aider à marcher et la première ferme n’était plus qu’à une centaine de mètres et la fumée s’échappant de la fumée lui réchauffait le coeur. Etait-il sourd? Aucun bruit de bataille, aucun cris. Etait-il aveugle? Où étaient ses frères d’armes et les autres? Où bien était-il en plein délire ou alors… mort? Un gros chien le tira de ses réflexions, ce chien était énorme et très bruyant, on le repérerait à coup sûr. Il essayait d’amadouer l’animal quand un homme sortit de la maison et s’excusa de suite de la conduite de son Léon, qui se tut instantanément. Notre ami fut intrigué au plus haut point par l’attitude du fermier qui le pria de rentrer pour se restaurer d’un bon café et de pain. Le fermier parlait sa langue et une grande bonté jaillissait de son visage rond. En entrant dans la pièce principale où siégeait une chaleureuse femme de la campagne, le visiteur se précipita devant l’âtre de la modeste cheminée. La maitresse de maison eut tôt fait de dresser un bol de café brulant et une assiette de pain, le couple regardait leur invité les remercier mille fois pour leur acceuil puis manger avec grand appétit son petit-déjeuner providentiel. L’homme lui demanda comment il était arrivé chez eux, curieux de son uniforme et de son état physique. «Je suis soldat, monsieur, je combats pour la France, la nuit dernière nous avons essuyé un tir dramatique des Allemands, dix de nos hommes furent évacués vers l’infirmerie. Je portais l’un d’eux lorsque je tombai et me retrouvai dans une congère et me voilà.» «Mais de quel combat parlez-vous mon brave? Il n’y a pas eu de combat depuis la Guerre d’Indépendance des Amériques.» Le visiteur n’en croyait pas son oreille, il pensait sérieusement être en proie aux hallucinations qui résultent des drogues de l’infirmerie. «Je n’y comprends rien, où sommes- nous donc ?» Alors que son mari essayait de comprendre la situation de leur invité, Huguette s’affairait à joindre le docteur du village, elle avait un mauvais pressentiment en l’entendant parler. Soudain, son mari l’appela à l’aide, le soldat s’était effondré sur le sol et il ne répondait plus. Trois heures plus tard, le docteur Jean Petit sortait de la ferme avec mille questions en tête : son patient était un soldat du nom de Jules Séraphin, soldat 2ème classe, un ticket trouvé dans sa poche lui avait appris qu’il avait pris le train des armées pour Verdun. Jules était mort avant son arrivée chez les Morin, visiblement ses poumons avaient souffert de multiples attaques au gaz. Mais comment? L’armée Française était un groupe de chercheurs en technologies et les soldats combattants étaient une espèce disparue depuis 1796, lorsque Washington avait remercié la France pour leurs efforts, après la Déclaration d’ Indépendance. A quoi rimait la page de journal qui annonçait le 21 Décembre 1917, que les Allemands ne laisseraient pas les soldats Français fêter la Noël encore cette année ? Le docteur irait demander de vérifier les causes de la mort du soldat et sûrement demanderait l’aide du Ministère des Technologies Avancées au Service de la Paix (le MTASP pour faire moins compliqué).

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