Chap 7 : Du brouillard dans l’ âme

La chaleur douce des poils de Toulouse me réveilla doucement, j’étais dans mon lit et dans ma chambre. Mes étirements firent fuir le matou qui atterrit sur le sol. Je me levai et me dirigeai vers la fenêtre, la maison était paisible et je n’avais aucune raison de me hâter. Le chat me suivit jusqu’à la cuisine, me faisant du charme, car Toulouse était du matin. Je lui donnai son petit-déjeuner digne d’un pacha et j’attrapais ce qu’il me fallait pour le mien. Contournant le chat, j’allai m’installer à la table de la cuisine, je bousculai un livre pour poser mon bol. Tiens… je ne me souvenais pas avoir vu ce livre de ma vie… La couverture était pâle et les coins déchirés, le titre en anglais était Art of Imagination and Engineering. Je l’ouvris et découvris une dédicace en Français pour mon père datant de 1946. Mon alarme sonna, il était temps d’aller à la Médiathèque pour la conférence sur ce roman fantastique qui réinventait l’histoire du monde telle que nous la connaissons. J’attrapais le livre de papa et je m’habillais avec mon jean bleu-gris, mon pull angora noir et la veste violine sans-manche. Toulouse était une fois de plus, jalousement couché sur mes baskets basses. Je chassais le chat et enfilai mes chaussures à toute vitesse. En moins d’une minute, j’étais devant l’immeuble, les narines dans l’air humide de Paris. Je fis mon détour préféré par le café pour commander ma boisson du matin puis je m’assis dans un des fauteuils de cuir et ouvris mon sac pour lire un peu plus de ce livre mystérieux. Je découvrais dans la jaquette des photos des copies de la Statue de la Liberté qui se trouvaient à Paris. Mon téléphone mobile vibra dans la poche de ma veste, c’était mon amie qui me demandait où je me trouvais, la conférence commençant dans la demi-heure qui suivait. Je finis d’un seul trait mon café et je partis pour la Médiathèque. Amélie m’attendait devant la porte encore ouverte de la salle principale. L’écrivain était assis dans un fauteuil de théâtre qui ne devait pas être plus confortable que nos chaises en plastique. Nous nous installâmes au troisième rang et les yeux de Rose croisèrent les nôtres, c’est alors qu’il se décida à parler. Sa voix se découpait dans le silence de la salle. Je détournais une seconde mon regard de l’estrade pour découvrir que Rose m’observait intensément. Amélie était captivée par le récit de Laurie. A chaque fois que je tournais mon regard, je voyais Rose me fixer. Les applaudissements me tirèrent de mes pensées et Amélie s’était levée rapidement pour se diriger vers l’auteur pour un autographe très convoité. Une main sur mon épaule me surprit, elle se pencha pour me regarder de ses yeux gris. C’était comme si je la connaissais depuis toujours et pourtant c’était là notre première rencontre.

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